Sébastien Pocognoli : mission résurrection à l’AS Monaco malgré la tourmente
Arrivé il y a trois mois pour succéder à Adi Hütter, Sébastien Pocognoli s’est retrouvé propulsé dans une mission délicate au Rocher. Fort d’un CV récemment embelli par un titre historique avec l’Union Saint-Gilloise, le Belge de 38 ans arrivait avec une aura de technicien moderne capable d’insuffler une dynamique nouvelle. La réalité du terrain s’est avérée plus rude : Monaco, parti dans le top 4 à son arrivée, flotte désormais en neuvième position et pointe à 17 points du leader Lens.
Une saison chaotique marquée par les blessures
Le tableau est assombri par une cascade de blessures qui a vidé les bancs de touches et limité les choix du coach. Pouvoir aligner une rotation cohérente devient un casse-tête lorsque les effectifs se réduisent match après match. Pocognoli le reconnaît : l’absence récurrente de 90 % de la profondeur de l’effectif empêche l’implantation d’une identité de jeu stable et limite la capacité du groupe à enchaîner les performances.
Discipline et caractère : deux chantiers prioritaires
Au-delà des pépins physiques, Monaco paie aussi le prix de comportements impulsifs et d’un déficit d’expérience dans les duels. Les exclusions répétées — cinq cartons rouges en huit rencontres domestiques — témoignent d’un problème de tempérament qui coûte cher. Pocognoli pointe un problème culturel : une équipe bâtie sur le talent individuel qui, parfois, manque de caractère et d’intelligence du duel. Il cite notamment des situations évitables où la gestion de l’agressivité et de la prise de risque a tourné au vinaigre.
Des signes encourageants malgré l’irrégularité
Pour autant, le discours du coach n’est pas catastrophiste. Il souligne des périodes de jeu réellement prometteuses : la victoire face au Paris Saint-Germain en novembre, la défaite honorable à Marseille et le succès contre Galatasaray en Ligue des Champions sont autant de preuves que le potentiel est là. Lors des matchs où Monaco a été au meilleur de son niveau, la qualité collective et individuelle s’est exprimée pleinement.
Une méthode fondée sur la résilience et le travail
Pocognoli insiste sur son état d’esprit : « Je suis en mission. » Pour lui, l’échec serait une source d’enseignement plutôt qu’un aveu d’impuissance. Il rejette les postures de plainte et préfère une approche de travail interne, appuyée sur la persévérance. Selon lui, l’équipe doit accepter les responsabilités, travailler chaque détail et rester soudée, même quand les résultats se font attendre.
Les priorités tactiques et humaines
Sur le plan tactique, l’impératif est de stabiliser un schéma qui tire le meilleur parti des joueurs disponibles. Quand l’effectif est le plus proche de la complétude, Monaco retrouve de la cohérence et de la maîtrise du jeu. Humainement, la priorité consiste à inculquer davantage de sagesse dans les duels, à mieux gérer les émotions et à apprendre à préserver l’effectif sur la durée d’un match.
Un calendrier exigeant et l’urgence de retrouver la continuité
La suite du calendrier ne laissera pas de répit. Monter en puissance dès la prochaine rencontre est crucial pour relancer la dynamique positive et réduire l’écart au classement. Pocognoli a clairement fixé l’objectif : si l’effectif est à 90 % disponible et que l’équipe termine les matchs avec ses onze joueurs, les choses peuvent rapidement s’améliorer. L’enjeu est donc double : recouvrer la santé collective et stabiliser le comportement sur le terrain.
Le rôle de la profondeur d’effectif
Un des enseignements immédiats est la nécessité pour Monaco d’avoir des solutions en nombre. Lorsque seuls trois ou quatre remplaçants sont prêts à entrer, toute tactique devient vulnérable face aux aléas d’un match. Le staff doit jongler entre gestion des charges, récupération et timing des retours. Cela oblige Pocognoli à faire preuve d’inventivité et d’un management fin pour maintenir un niveau compétitif malgré les indisponibilités.
Un entraîneur déterminé face au scepticisme
Dans l’opinion publique, l’arrivée d’un jeune coach prometteur suscite parfois impatience et exigence. Pocognoli, lui, affiche une philosophie simple : travailler, apprendre et tenir bon. Il ne cherche pas d’excuses publiques et préfère que le travail se fasse dans l’intimité du vestiaire. C’est cette constance dans l’effort et cette rigueur mentale qu’il espère voir produire des résultats tangibles dans les semaines à venir.

More Stories
EXCLU : Robinio Vaz vers la Roma pour 25 M€ — le jeune prodige prêt à quitter Marseille et déclencher une guerre des clubs
De Zerbi choque en public : pourquoi il critique le lieu du Trophée des Champions et ce que ça signifie pour l’OM
Lamine Yamal peut-il encore une fois décider du sort du Barça en Supercoupe ? Découvrez pourquoi ce match pourrait le révéler au monde