Un nouveau chapitre s’ouvre à Madrid : Xabi Alonso s’en est allé et Álvaro Arbeloa a pris les commandes. Pour un observateur passionné comme moi, qui suit tout de Manchester à Paris, la grande question est évidente : Vinícius Júnior va-t-il retrouver un climat propice sous Arbeloa ou les tensions passées vont-elles rebondir ?
Un contexte électrique entre Vinícius et l’ère Alonso
On ne peut pas parler de Real Madrid ces dernières semaines sans évoquer la relation tendue entre Vinícius Júnior et Xabi Alonso. Les frictions sont connues : le Brésilien a déjà manifesté publiquement son mécontentement lorsqu’il a été laissé sur le banc lors du match de Ligue des Champions contre Marseille. Cette réaction ne s’est pas limitée au terrain — un post Instagram montrant Vinícius quittant le stade sans son maillot, sur fond de chanson intitulée « Principles of a Champion », a fait polémique et révélé la nervosité ambiante.
Les statistiques plaident pour Vinícius
Sur le plan sportif pur, il serait difficile de justifier une mise à l’écart durable de Vinícius. Cette saison, il a participé à la quasi-totalité des rencontres importantes : toutes les 20 journées de Liga et les cinq matches de phase de groupes de la C1 jusqu’à présent. Ses absences en championnat se limitent à des rencontres contre l’un des derniers de la Liga, Real Oviedo, Getafe et Elche — dans deux d’entre elles, Rodrygo a pris la relève, et pour Elche, le coach a opté pour un 3-4-1-2 sans ailiers.
Performance collective et débats individuels
Real Madrid n’a perdu que deux matches en Liga cette saison : une défaite cinglante 5-2 contre l’Atlético en septembre et un revers 2-0 face à Celta en décembre. Vinícius était titulaire sur ces deux rencontres, ce qui montre que même lors des pires soirs, sa place dans le onze n’était pas le premier problème à régler. Le vrai débat porte moins sur ses qualités individuelles que sur la manière de gérer un vestiaire où les ego et les attentes pèsent lourd.
Arbeloa : un nouvel homme, une nouvelle donne ?
Álvaro Arbeloa arrive avec une légitimité particulière aux yeux des supporters : ancien joueur du Real, il connaît le club de l’intérieur, ses codes, ses exigences. Lors de ses premières interventions, Arbeloa a d’ailleurs défendu Vinícius face aux sifflets et aux critiques, promettant que si le Brésilien était disponible, il jouerait. Cette déclaration est lourde de sens — elle marque une prise de position claire en faveur d’un joueur souvent critiqué mais indéniablement talentueux.
La polyvalence offensive du Real
En l’absence de Vinícius, d’autres noms ont su se montrer : Rodrygo, Arda Güler, Franco Mastantuono ou Brahim Díaz ont tour à tour occupé le flanc gauche. Cela souligne une réalité tactique pour Arbeloa : il dispose d’options capables de compenser une période d’absence du Brésilien, que ce soit pour ménager Vinícius, gérer des suspensions, ou s’adapter à des schémas différents. Mais ces remplaçants ont un niveau de production qui, statistiquement, ne dépasse pas systématiquement celui de Vinícius sur une saison complète.
Blessures et suspensions : les seuls véritables freins
Si l’on remonte à la saison précédente, Vinícius a joué 30 des 38 journées de Liga, manquant huit matches pour des raisons liées à blessures ou suspensions. Sur ces rencontres, il a souvent été remplacé par des profils techniques mais différents — preuve que sa seule vraie vulnérabilité reste l’aspect physique et disciplinaire. Arbeloa devra donc veiller à la gestion de la condition du joueur pour maximiser ses apports offensifs.
Une gestion humaine autant que tactique
Au-delà des choix tactiques, l’enjeu pour Arbeloa sera humain : restaurer la confiance d’un joueur fragile dans son rapport avec le public et la presse. Vinícius a parfois montré de l’impulsivité, mais aussi une capacité à se transcender. Un coach comme Arbeloa, qui a le respect du vestiaire et l’autorité morale d’un ancien, pourrait réussir là où Alonso a peut-être manqué de poigne ou d’alchimie personnelle.
Ce que j’observerai de près
En tant que supporter de Manchester et de Paris, je suis toujours fasciné par ces dynamiques internes qui transforment une équipe. Le cas Vinícius-Arbeloa est un exemple parfait : alliance du talent brut avec la nécessité d’une main experte pour canaliser l’énergie. Les prochaines semaines promettent d’être illuminantes pour le Real, et pour le Brésilien qui demeure, quoi qu’il arrive, l’un des atouts majeurs du club.
