6 février 2026

Cole Palmer perd son éclat à Chelsea : le joueur-clé qu’il lui manque et qui change tout

Un manque de coureurs : pourquoi Cole Palmer semble étranger à son meilleur niveau

Cole Palmer a montré cet été et au début de la saison qu’il pouvait être l’un des éléments les plus créatifs de Chelsea. Mais ces dernières semaines, son rendement a baissé et il apparaît souvent frustré sur le terrain. Blessures et gestion minutieuse de sa charge de travail expliquent une partie du problème : Rosenior a dû doser son utilisation après des douleurs à l’aine, alternant titularisations et matches de repos. Pourtant, Paul Merson avance une analyse différente et intéressante : ce n’est pas seulement une question de minutes ou de forme physique, c’est surtout la disparition d’un schéma collectif qui mettait Palmer dans les meilleures dispositions.

Quand le 10 n’a plus de partenaires qui le servent

Sur le podcast Stick To Football, Merson a décrit une transformation sensible du jeu offensif de Chelsea. L’image qu’il donne est parlante : « Il pose le pied sur le ballon et il n’y a rien devant lui. » Palmer a construit sa réputation en jouant entre les lignes, en provoquant des déplacements adverses et en profitant des courses en profondeur de ses coéquipiers pour percevoir les espaces et déclencher des passes tranchantes. Or, aujourd’hui, ces courses ne se produisent plus assez souvent.

Le rôle du n°10 moderne dépend beaucoup des mouvements sans ballon autour de lui. Quand les attaquants et ailiers poussent les défenseurs, des lignes se cassent, des corridors s’ouvrent et le passeur trouve des solutions rapides. Sans ces appuis, le meneur se retrouve souvent à ralentir le jeu, à chercher l’ouverture dans un bloc compact et à perdre l’avantage d’un tempo élevé.

Joao Pedro : un profil qui complique le jeu de Palmer

Merson pointe particulièrement Joao Pedro comme un élément qui, involontairement, freine l’influence de Palmer. Recruté pour son talent et sa technique, Pedro éprouve parfois le besoin de décrocher et de participer au jeu de construction en s’immisçant dans les espaces entre les lignes. Logiquement louable, ce choix tactique a pour effet secondaire de rapprocher Pedro des zones déjà occupées par Palmer.

Le résultat : Chelsea se retrouve plus compact et moins étiré. Les centres-backs ne sont plus contraints de reculer pour couvrir des appels en profondeur, et la verticalité qui faisait le succès des combinaisons de Palmer disparaît. Là où l’on attendait des courses qui forceraient les défenseurs à se déployer, on observe des mouvements latéraux ou des décrochements qui rendent l’attaque plus prévisible.

L’importance de Nicolas Jackson dans l’équation

Merson ne s’arrête pas à la critique des concurrents de Palmer ; il remet aussi en lumière l’impact qu’avait Nicolas Jackson sur son jeu. Selon lui, Jackson était l’élément-catalyseur : en courant systématiquement dans le dos des défenseurs, il créait de l’espace et un timing qui permettait à Palmer d’exploiter ses qualités de passeur.

Jackson n’a pas toujours été exempt de critiques — on lui reprochait de manquer des occasions — mais son déplacement permanent vers l’avant faisait partie intégrante du duo. Merson fait même la comparaison historique en évoquant la relation entre Ian Wright et un numéro 10 : l’attaquant qui attire et file devant permet au meneur de respirer et d’exprimer sa vision du jeu.

Quelles solutions pour Liam Rosenior ?

  • Adapter le système aux profils disponibles : soit en incitant Palmer à prendre plus de risques et à pénétrer la surface quand les attaquants décrochent, soit en alignant un profil d’attaquant plus vertical pour restaurer les courses en profondeur.
  • Utiliser Liam Delap ou un avant-centre plus physique et orienté vers la profondeur pour forcer les défenseurs à reculer et ainsi redonner du relief aux passes de Palmer.
  • Réintégrer un élément similaire au profil de Jackson, que ce soit par retour de prêt ou par recrutement, pour recréer ce lien dynamique entre le numéro 9 et le numéro 10.
  • Chacune de ces pistes exige des choix clairs de la part de l’entraîneur : soit modeler l’équipe autour des caractéristiques de Palmer et des mouvements qu’il aime, soit demander à Palmer de se modifier et d’assumer des tâches qui ne sont pas forcément naturelles pour un joueur de sa génération.

    La gestion des blessures n’explique pas tout

    Il est indéniable que la gestion médicale et les blessures ont limité la disponibilité de Palmer. Il a néanmoins livré des prestations complètes — 90 minutes contre West Ham, penalty transformé face à Brentford — qui montrent que, sur le plan individuel, il a encore les ressources pour être décisif. Mais le fait qu’il ait été écarté lors de la défaite contre Arsenal illustre la difficulté du staff à concilier forme, fraîcheur et équilibre tactique.

    Lorsque l’on confronte les observations de Merson à la réalité du terrain, la thèse prend de l’épaisseur : Palmer ne manque pas seulement d’énergie ou d’appels individuels, il manque d’un dispositif collectif qui génère les mêmes automatismes que la saison passée. Tant que ces automatismes ne reviendront pas, l’influence du jeune créateur restera bridée.

    Un joueur à préserver, mais aussi à servir

    Pour les supporters, et en particulier ceux qui suivent de près chaque match comme moi, il est frustrant de voir un talent aussi pur ne pas exploiter tout son potentiel. Palmer reste l’un des éléments les plus dangereux de Chelsea quand on le sert correctement. Restera à voir si Rosenior optera pour une adaptation tactique rapide — ou si la direction technique décidera de modifier le profil offensif du club pour optimiser les forces de Palmer.