Infantino répond à l’UEFA et tente la main tendue avant la présidentielle
Moins de six mois avant la prochaine élection à la présidence de la FIFA, Gianni Infantino a surpris en annonçant qu’il allait répondre au questionnaire de 42 points envoyé par l’UEFA sur les projets d’investisseurs pour la Coupe du monde et d’autres dossiers sensibles. La démarche intervient alors que la période de candidatures se rapproche et que la pression médiatique et politique autour du président sortant ne faiblit pas.
Un geste de communication stratégique
L’annonce a été faite en marge de la Coupe du monde U15 à Bakou. Infantino a expliqué que la FIFA « travaille dessus » et qu’elle répondra «dans la mesure où la procédure le permet et dans la limite de ce dont nous disposons». Le ton est mesuré et calculé : face à une UEFA restée jusqu’ici critique et incapable de proposer un candidat de substitution, le président actuel choisit l’apaisement public, jouant la carte du dialogue pour désamorcer les tensions avant le scrutin.
Pourquoi ce questionnaire change la donne
Un appui international malgré les polémiques
Malgré les critiques qui ont suivi son projet de faire entrer des investisseurs externes dans la commercialisation des droits du Mondial, Infantino peut s’appuyer sur un soutien grandissant. Il a notamment obtenu l’appui de l’AFC et de son président, le cheikh Salman bin Ibrahim al-Khalifa, qui s’est exprimé publiquement en faveur d’Infantino, affirmant un soutien « sans réserve ». Ce plaidoyer en faveur du président met en lumière la géopolitique du vote FIFA, où l’Europe ne peut plus imposer seule sa ligne.
La réponse à l’UEFA : geste sincère ou calcul électoral ?
En se disant prêt à discuter « avec les bras ouverts, l’esprit ouvert et le cœur ouvert », Infantino met en avant une posture conciliante. Mais derrière la façade diplomatique, l’enjeu est clair : la FIFA dépend d’une majorité de voix émanant des fédérations du monde entier et non uniquement de l’Europe. Afficher une volonté de dialogue permet d’atténuer les critiques publiques de l’UEFA tout en consolidant son image auprès des membres qui décident réellement du prochain mandat.
Les heures qui viennent seront cruciales
La FIFA dispose donc d’un délai restreint pour préparer des réponses détaillées et rassurantes. La manière dont ces réponses seront formulées — partielles, techniques ou pleinement transparentes — sera scrutée. Une réponse complète et documentée pourrait réduire la pression médiatique et politique, tandis qu’un traitement évasif risquerait de raviver les critiques dont Infantino a souffert cet été.
Impacts attendus sur la course à la présidence
Un message adressé aux fédérations
Infantino n’a pas manqué de rappeler son élection par 211 fédérations, insistant sur le caractère démocratique et majoritaire de son mandat. En évoquant la nécessité de respecter les avis de la « grande, grande majorité », il cherche à recentrer le débat sur le rapport de forces global plutôt que sur les critiques d’instances influentes mais minoritaires au niveau mondial.
Ce que les prochaines semaines diront
Les prochaines étapes seront l’envoi effectif des réponses au questionnaire de l’UEFA et la réaction de l’instance européenne. Ensuite, la nature des soutiens publics ou discrets à Infantino, mais aussi l’émergence éventuelle d’un candidat alternatif européen ou mondial, clarifieront le paysage électoral. Pour l’instant, Infantino adopte une stratégie de conciliation maîtrisée, alliant réponse aux demandes et rappel de son ancrage international — une tactique qui pourrait s’avérer payante dans une élection où chaque voix compte.
