La finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 à Rabat restera sans doute dans les annales comme l’une des plus chaotiques et éprouvantes pour les nerfs. En tant que passionné qui suit chaque match, chaque tournant, j’ai rarement vu un enchaînement d’événements capable de faire basculer une rencontre aussi violemment : décision VAR, départ collectif des Lions de la Teranga, retard interminable, puis le moment-clé — un penalty manqué par Brahim Díaz d’une façon qui a fait criser tout un stade. Retour sur une soirée où l’émotion a pris le pas sur le jeu.
La séquence qui a tout déclenché
Tout a commencé lors d’un corner, quand l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala a d’abord laissé jouer, puis a été rappelé au bord du terrain pour consulter le VAR. Après visionnage, il a finalement sifflé un penalty pour une faute sur Brahim Díaz à la 98e minute. Le match était toujours nul et vierge à ce moment-là. C’est ce genre de décisions, rendues après consultation, qui mettent immédiatement en péril l’équilibre psychologique d’une équipe, surtout dans un stade en fusion et devant un pays hôte impatient.
Le geste fort des Sénégalais
La décision n’a pas été bien acceptée du côté sénégalais : le sélectionneur Pape Bouna Thiago (Pape Bouna Thiaw) a décidé, dans un élan de protestation, d’ordonner à ses joueurs de quitter le terrain. Une grande partie de l’équipe et du staff a suivi, quittant la pelouse pour le tunnel — image rare et lourde de sens dans un match de ce niveau. Seul Sadio Mané est resté d’abord, avant de convaincre ses coéquipiers de revenir. La pause qui a suivi a duré plus de dix minutes, créant une atmosphère électrique et une attente interminable pour les spectateurs et pour les téléspectateurs.
Le penalty et la Panenka ratée
Après la reprise, Brahim Díaz s’est présenté pour tirer le penalty en toute confiance. Choisir une Panenka dans une telle situation, avec tout le poids d’un pays sur les épaules, est un acte soit de grand sang-froid soit d’excès de confiance. Díaz a opté pour un lob doux au centre du but — le célèbre geste technique qui, lorsqu’il réussit, devient instantanément une image forte et héroïque. Mais cette fois, Edouard Mendy, gardien sénégalais, a plongé droit et a capté sans difficulté le ballon. La Panenka s’est transformée en une tentative trop molle, facilement neutralisée.
Réactions et spéculations
La réaction immédiate a été de l’incrédulité : comment pouvait-on rater ainsi un penalty décisif ? Certains commentaires à chaud ont même évoqué la possibilité d’un tir volontairement manqué — théorie vite écartée par l’attitude de Díaz après l’échec, notamment son regard et sa gestuelle, qui montraient clairement la frustration et l’incompréhension. Les réseaux sociaux, comme toujours, ont enflammé les débats : partisans accusateurs, défenseurs, analyses techniques, polémiques sur l’arbitrage. Mais au-delà des théories, la réalité sportive parle d’elle-même : la Panenka est une prise de risque, et quand elle est mal exécutée contre un gardien de la trempe de Mendy, elle se paie cash.
L’impact sur le match et la suite
Le penalty manqué a fait basculer la dynamique. Lors de la prolongation, le Sénégal est revenu avec une rage contrôlée et a pris l’avantage rapidement grâce à un but de Pape Gueye. Ce but, inscrit dès le début de la prolongation, a prouvé que les Lions avaient su transformer la colère et la frustration en intensité positive. Díaz, quant à lui, a été remplacé peu après. Malgré cet échec monumental, il terminera toutefois meilleur buteur du tournoi — un paradoxe cruel : en tête des buteurs, mais porteur d’un souvenir amer pour son pays et pour lui-même.
Le football entre émotion et discipline
Ce qui est ressorti de cette finale, c’est la fragilité des équilibres dans le football moderne : une décision arbitrale après consultation vidéo, un geste collectif de défi, et un tir manqué au moment crucial ont suffi à définir le récit final. La décision des Sénégalais de quitter le terrain restera discutée : elle a attiré l’attention sur leur sentiment d’injustice, mais elle a aussi offert une image peu flatteuse d’un pays champion. Sur le plan disciplinaire, de tels actes sont rarement recommandés, car ils exposent à des sanctions et donnent lieu à des débats stériles qui occultent parfois la performance sportive.
Les enseignements du soir
Pour un supporter qui suit tous les championnats, chaque détail compte. Cette finale de la CAN 2025 a été un condensé d’intensité, de polémiques et d’humanité : un joueur brisé par une tentative ambitieuse, une équipe qui réagit de façon spectaculaire, un gardien sauveur, et un pays qui voit son rêve contrarié à domicile. Ce sont ces scènes-là qui font la beauté et la cruauté du football, et qui alimentent les discussions pendant des semaines après le coup de sifflet final.

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