Leverkusen a laissé filer deux points précieux contre son « ennemi préféré » : dans un Borussia-Park toujours aussi particulier, le Bayer n’est pas allé au-delà d’un match nul 1-1 contre Mönchengladbach et a ainsi mis fin à sa série de victoires. En tant que passionné qui suit chaque journée, j’ai vu une rencontre où l’envie était là, mais où les idées manquaient cruellement pour empocher les trois points indispensables dans la course à la Ligue des Champions.
Un début de match inattendu
La rencontre a pris un tournant très tôt. Dès la 10e minute, Yannik Engelhardt a profité d’une séquence confuse dans la surface adverse pour ouvrir le score et surprendre Leverkusen. C’était un but « venant de nulle part », qui a mis les visiteurs sur la défensive et obligé Xabi Alonso (ou le staff, selon la composition tactique du soir) à réagir. Leverkusen, malgré sa qualité technique, a paru imprécis et emprunté dans les premiers instants.
Erreur et opportunité
Le tournant psychologique est arrivé juste avant la pause : un malheureux but contre son camp de Philipp Sander a permis au Bayer de revenir à égalité (45e). L’action est assez révélatrice : au lieu de payer cash leur faiblesse, les visiteurs ont bénéficié d’un cadeau, ce qui souligne que le match aurait pu basculer soit dans un sens, soit dans l’autre. Pour Leverkusen, ce but a permis d’éviter une contre-performance encore plus frustrante, mais il n’a pas effacé le constat d’ensemble : le jeu collectif manquait de verticalité et de créativité.
Leverkusen manque de tranchant
Après la pause, Leverkusen a montré plus d’engagement offensif. Patrik Schick a tenté sa chance dès la 48e minute, et Aleix Garcia a décroché une tentative lointaine à la 54e. Néanmoins, ces frappes traduisent surtout une incapacité à construire davantage d’occasions claires : trop peu de combinaisons rapides, un manque de mouvements synchronisés devant et une incapacité à exploiter pleinement les failles dans la défense de Gladbach. On sent que cette équipe a du potentiel, mais parfois l’animation offensive se résume à des initiatives individuelles plutôt qu’à un plan collectif désarmant.
Gladbach joue crânement sa chance
De son côté, la formation d’Eugen Polanski, en crise de résultats mais bien organisée, a peu cherché à briller techniquement. Elle s’est plutôt montrée solide, disciplinée et opportuniste. Gladbach n’a pas inondé le match d’occasions mais a su se défendre intelligemment et rester dangereuse lors des contres. Jens Castrop, par exemple, a failli offrir la victoire à son équipe en fin de rencontre (78e) mais a manqué le cadre de peu. Ce type d’actions montre que même dans une période délicate, Gladbach conserve des automatismes offensifs capables de punir la moindre erreur adverse.
Conséquences au classement
Sportivement, ce nul laisse Bayer Leverkusen à la 5e place, à trois longueurs du VfB Stuttgart, et freine légèrement son aspiration à remonter vers les places européennes supérieures. La déception est palpable chez les joueurs et le staff : après quatre succès consécutifs, on attendait une confirmation, pas un match poussif. Pour Gladbach, le point obtenu permet de souffler un peu et de garder une marge étroite mais importante sur la zone de relégation — trois points d’avance sur le barrage, autant dire que chaque point compte dans cette lutte.
Enjeux tactiques et enseignements
Sur le plan individuel, plusieurs Leverkusenais sont passés à côté de leur match : Janis Blaswich lui-même a reconnu le manque d’agressivité et d’initiative après coup. Côté Gladbach, l’engagement collectif et la concentration sur les quelques séquences décisives ont suffi pour tenir tête à un favori qui n’a pas su transformer sa domination en buts.
En analysant la rencontre dans son ensemble, on peut aussi y lire un message pour la suite de la saison : les prétendants à la Ligue des Champions doivent non seulement accumuler les victoires, mais aussi montrer une capacité à s’imposer dans les « petits matches » et à créer des solutions quand le jeu ne déroule pas. Ce soir, Bayer a manqué de solutions, tandis que Gladbach, malgré ses difficultés, a su exploiter les espaces et repartir avec un point salvateur.
