Le feuilleton autour de la libération de Jürgen Klopp par Red Bull pour prendre la tête de la sélection allemande n’en finit plus de captiver. Oliver Mintzlaff, le patron du groupe Red Bull, est récemment sorti du silence pour raconter les coulisses de cette décision qui, selon ses propres mots, « a fait mal ». En tant que passionné de foot qui suit tout, je vous propose un décryptage précis des éléments dévoilés et de ce que cela signifie pour le football allemand et pour le rôle des acteurs privés dans les trajectoires des entraîneurs.
Pourquoi Red Bull a finalement accepté de laisser partir Klopp
Mintzlaff explique d’emblée que la question d’une indemnité n’a jamais été au cœur des discussions : Red Bull n’a pas cherché à tirer profit financièrement de la situation. Pourtant, le groupe voulait « absolument » dialoguer avec le DFB (la Fédération allemande) pour trouver une solution digne et respectueuse. Le compromis trouvé — mentionné par Mintzlaff — s’est matérialisé par un geste du DFB en faveur de la Wings for Life Foundation, la fondation soutenue par Red Bull, une donation annoncée comme significative (à hauteur d’environ un million d’euros selon certains éléments évoqués).
Une décision émotionnelle plus que contractuelle
Ce qui ressort clairement des propos de Mintzlaff, c’est que la décision de laisser Klopp partir n’a pas été purement transactionnelle, mais largement motivée par l’émotion et la conviction personnelle du technicien. Klopp aurait confessé à Mintzlaff que, hormis le poste de sélectionneur national, aucun autre projet de coach ne l’aurait autant attiré ; il aurait même déclaré qu’il serait resté dans son rôle chez Red Bull si la sélection n’avait pas été proposée. Autrement dit : ce choix s’inscrivait dans une logique de vocation nationale, et Red Bull a choisi de ne pas se mettre en travers de cette voie.
Un départ qui « fait mal » à Red Bull
Mintzlaff ne cache pas que le départ de Klopp a été douloureux pour le groupe. Il souligne l’impact humain et sportif du coach au sein des entités Red Bull : Klopp n’était pas seulement un visage ou un entraîneur, il était un moteur interne qui avait, selon lui, poussé l’organisation à prendre des décisions audacieuses — des mouvements qui ont influencé, par exemple, des recrutements comme celui de Yan Diomande vers Leipzig. Le constat est limpide : Klopp a profondément marqué l’écosystème Red Bull et son départ laisse un vide réel.
Red Bull accepte de faciliter la démarche du DFB
Malgré la peine ressentie, Mintzlaff explique que la maison mère a fait le choix de ne pas entraver la trajectoire de Klopp. La position affichée est celle d’un groupe conscient des enjeux : permettre à un technicien de son calibre de prendre la sélection nationale est perçu comme une décision compréhensible et respectable. Red Bull a donc « décidé de le libérer », après avoir été convaincu de la sincérité et de la force de la volonté de Klopp.
Les implications pour le football allemand et pour Red Bull
Le rôle des fondations et de l’image publique
Le fait que la réponse ait pris la forme d’un soutien à la Wings for Life Foundation est notable. Il s’agit d’un moyen diplomatique pour le DFB et Red Bull de tourner cette séparation en geste vertueux : la fédération contribue à une cause caritative et Red Bull se montre prête à dialoguer sans rechercher un gain financier. C’est une manière subtile de préserver l’image des deux parties tout en régulant un épisode potentiellement conflictuel.
Ce que Mintzlaff révèle sur Klopp en privé
Les confidences rapportées par Mintzlaff montrent un Klopp profondément attaché à l’idée de conduire la Mannschaft. Il ne s’agissait pas d’une simple opportunité professionnelle mais d’un projet chargé d’émotion. Cette motivation profonde explique la capacité du sélectionneur à persuader Red Bull de « lui ouvrir la porte ». Pour un dirigeant, entendre cela de la part d’un entraîneur est un signe fort qui conduit souvent au compromis plutôt qu’à l’affrontement.
En somme, cette libération de Klopp par Red Bull, racontée par Mintzlaff, donne à voir une scène moderne du football où enjeux humains, intérêts institutionnels et stratégies d’image se mêlent. La manière dont tout cela a été géré — sans indemnité directe, avec une contribution caritative et beaucoup de communication — pourrait servir de modèle pour d’autres situations comparables dans le futur.
