Le troisième match pour la place de bronze à la CAN 2025 a offert un épisode douloureux pour l’un des plus grands attaquants africains de sa génération. Après 120 minutes sans but au Stade Mohammed V de Casablanca, la rencontre entre l’Égypte et le Nigeria s’est décidée aux tirs au but — et Mohamed Salah, capitaine et star égyptienne, a vu son tir repoussé, prolongeant une série noire qui prend aujourd’hui une place inquiétante dans son palmarès.
Le déroulé de la séance
La troisième place s’est jouée sur une tension extrême : une bataille sans buts pendant tout le temps réglementaire puis des tirs au but où chaque geste compte. Salah a tiré le premier penalty pour l’Égypte. Son tir, puissant, a visé le côté du gardien mais manquait légèrement la lucarne et s’est retrouvé à une hauteur confortable pour le portier nigérian Stanley Nwabali, qui a réalisé une belle parade. Le deuxième tir raté côté égyptien est venu d’Omar Marmoush, dont le tir bas et droit a été détourné par Nwabali avec son pied gauche — une double dose de déception pour l’équipe et ses supporters.
Un coup dur dans la trajectoire de Salah
Cette défaillance marque le troisième échec consécutif de Salah en séance de tirs au but, une statistique qui pèse désormais lourd. Déjà décisif lors d’échecs passés (notamment lors de la finale de la CAN 2021 face au Sénégal), Salah voit sa réputation de tireur fiable entachée par une accumulation d’imprécisions en moments-clés. Au-delà de l’émotion liée à ce match, cet échec signifie aussi la fin de son rêve de Soulier d’or à la CAN 2025, lui qui n’avait pas trouvé le chemin des filets lors des 120 minutes décisives.
La carrière pénaltys de Salah en chiffres
Sur l’ensemble de sa carrière senior, Mohamed Salah a frappé 73 penalties et en a transformé 59, soit un taux de réussite de 80,8%. Sur ces 14 ratés, huit sont intervenus dans des rencontres finalement gagnées par son équipe, ce qui relativise quelque peu l’impact global de ses ratés. Mais certains échecs ont eu un coût élevé : on pense aux défaites 1-0 contre Leicester et Bournemouth où ses penalties manqués ont directement privé Liverpool de points en Premier League.
La statistique qui inquiète : trois échecs successifs en shootouts
Si les statistiques globales restent honorables, Salah a désormais manqué ses trois derniers penalties en séances de tirs au but. Avant l’épisode contre le Nigeria, il avait raté un tir lors de la défaite de Liverpool face à Crystal Palace en Community Shield, et son précédent tir manqué en shootout datait de la phase de qualifications au Mondial contre le Sénégal en 2022, match qui avait coûté à l’Égypte une place au Mondial. Au total, Salah a pris 9 penalties en shootouts et en a marqué 6 seulement. Ses neuf tirs dans ces situations proviennent de 12 shootouts où il était sur le terrain ; son influence lors des séances reste donc mitigée.
Conséquences sportives et psychologiques
Sur le plan sportif, ce dernier raté a directement contribué à la victoire du Nigeria pour la troisième place et a privé Salah d’une distinction individuelle potentielle au tournoi. Psychologiquement, les questions se posent : comment un joueur de son calibre gère-t-il la pression persistante des grandes scènes ? La répétition de ces échecs peut miner la confiance au moment où la sérénité est la plus nécessaire. Pourtant, Salah reste un des attaquants les plus réguliers de sa génération, capable de marquer dans les grands rendez-vous ; ces moments de fragilité n’enlèvent rien à son talent, mais ils posent la nécessité d’une réflexion sur la gestion des tirs au but.
Comparaisons et contexte
Les penalties manqués par Salah ont eu des répercussions visibles dans plusieurs compétitions : en Premier League, certains de ses tirs ratés ont coûté des points précieux à Liverpool par le passé. En sélection, les conséquences sont parfois encore plus lourdes, car elles peuvent priver une équipe de qualifications mondiales ou d’un trophée continental. La séance contre le Nigeria s’inscrit donc dans une trajectoire où le timing des ratés a été défavorable.
Le gardien nigérian, artisan de la victoire
Stanley Nwabali mérite d’être souligné : son sens de l’anticipation et sa capacité à rester concentré pendant une séance de haute tension ont été déterminants. Sa parade face à Salah a lancé une dynamique favorable aux Super Eagles et a permis à son équipe de remporter la troisième place. Ces exploits de gardiens rappellent que les tirs au but sont autant une épreuve de mental que de technique.
Points clés à retenir
Pour un fan qui suit les matchs du monde entier, cet épisode confirme que même les plus grands joueurs peuvent connaître des séries noires aux moments cruciaux. Mohamed Salah reste une figure majeure du football moderne, mais cette période difficile aux penalties soulève des questions sur la préparation mentale et le choix des tireurs lors des futures séances décisives.
