7 juin 2026

Incroyable 9e victoire d’affilée : l’Allemagne s’impose à l’arraché à Chicago — Nagelsmann a-t-il enfin trouvé la formule gagnante ?

Chicago a offert une dernière répétition aussi exigeante qu’instructive pour l’Allemagne avant le coup d’envoi de la Coupe du monde. Dans un Soldier Field bouillant mais détrempé, le DFB s’est imposé 2-1 face aux États-Unis, décrochant une neuvième victoire consécutive — une série inédite pour une équipe nationale allemande à l’aube d’un Mondial. Mais ce succès, loin d’être parfait, laisse autant d’interrogations que d’espoirs pour Julian Nagelsmann et son groupe.

Un démarrage foudroyant signé Kai Havertz

La rencontre n’avait que 100 secondes quand Kai Havertz, de la tête sur un centre de Joshua Kimmich, a propulsé l’Allemagne devant. Un coup d’éclat qui a prouvé la capacité de cette équipe à entrer rapidement dans le rythme malgré le changement de fuseau horaire et des conditions météorologiques lourdes. Havertz, revenu tardivement après la finale de Ligue des champions, a rappelé qu’il reste l’un des atouts aériens et mentaux précieux du groupe.

La joie allemande a toutefois été de courte durée sur le plan symbolique : quatre minutes après une action similaire qui avait été annulée pour un ballon sorti préalablement, le danger est revenu soulignant la difficulté qu’ont parfois les hommes de Nagelsmann à enchaîner phases positives et concentration défensive.

Les États-Unis ne sont pas venus pour faire de la figuration

Portés par un public enthousiaste, les Américains ont répondu par un but d’anthologie signé Antonee Robinson (37e) : une frappe en demi-volée depuis l’extérieur de la surface, sous la barre, qui a rappelé que la sélection américaine possède des joueurs capables de moments individuels décisifs. Pulisic a pesé, la formation locale a pris de l’assurance et l’équipe allemande a vu sa charpente vaciller sur quelques incursions dangereuses.

Jonathan Tah a dû s’illustrer pour empêcher un retentissant 1-2 avant la pause, montrant que la défense peut aussi se montrer héroïque quand l’équilibre collectif est mis à l’épreuve.

Sané, l’homme du deuxième acte

Le match a basculé après la pause grâce à Leroy Sané, désigné remplaçant de Karl et titularisé sur le côté droit. Longtemps peu influent, il a su se refaire une image en transformant une action collective orchestrée par Jamal Musiala et Kai Havertz (57e). Ce but, synonyme de victoire, confirme que Sané, même lorsqu’il semble en dedans, a le talent pour faire basculer une partie.

Sa performance illustre également la profondeur et la flexibilité de l’attaque allemande : la sélection peut compter sur plusieurs profils pour varier les menaces offensives, un atout précieux pour le tournoi.

Points faibles à corriger : construction et concentration

  • Les transitions et la construction ont montré des lacunes : trop d’erreurs techniques en première relance et un pressing des Américains qui a souvent gêné la fluidité allemande.
  • La seconde période a permis des ajustements, mais Nagelsmann a encore du travail pour que son équipe trouve un rythme stable sur 90 minutes, notamment face à des formations plus disciplinées tactiquement.
  • La gestion mentale durant les phases chaotiques reste perfectible — la petite bousculade en fin de match et les frayeurs subies rappellent que la maîtrise émotionnelle sera cruciale en phase finale.
  • Le cas des gardiens : Baumann confirme, Neuer reste en convalescence

    Oliver Baumann, aligné en l’absence d’un Manuel Neuer toujours fragile, a livré une prestation rassurante, notamment par une parade-clé à la 87e minute qui a préservé l’avance allemande. Sa sérénité sur les sorties et sa lecture des trajectoires offrent un plan B fiable pour Nagelsmann si Neuer n’est pas encore apte physiquement au moment du coup d’envoi.

    Expérimentations et enseignements pour Nagelsmann

    La dernière demi-heure a été l’occasion pour l’entraîneur d’explorer des solutions alternatives : Waldemar Anton a dépanné à droite, Musiala a connu des montées en puissance intéressantes avant d’être remplacé, et l’opportunité donnée à Jamie Leweling en seconde période a montré que le banc possède des options offensives capables d’apporter du dynamisme.

    Ces essais sont précieux : à une semaine du match d’ouverture contre Curaçao, Nagelsmann doit en tirer des conclusions précises sur les combinaisons offensives et la charnière défensive la plus fiable.

    Le ressenti du public et l’adaptation aux conditions

    63 636 spectateurs ont assisté à un test grandeur nature contre des éléments inhabituels pour des joueurs européens : chaleur, humidité et pluie intermittente. Nagelsmann a évoqué l’utilité de ces conditions pour préparer l’équipe aux climats difficiles qu’elle pourrait rencontrer sur le sol nord-américain. L’exhibition américaine, entre animations et show, a par ailleurs donné au rendez-vous une ambiance proche de celle d’un tournoi majeur, utile pour jauger la capacité des joueurs à gérer distractions et pression extérieure.

    En définitive, la victoire 2-1 est encourageante mais loin d’être rassurante. L’Allemagne face aux États-Unis a démontré caractère et ressources techniques, mais aussi des fragilités structurelles que le staff devra corriger avant le jour J.