Atlante a vibré et la Roja a répondu. Après un faux départ contre le Cap-Vert, l’Espagne a signé une démonstration nette et sans bavure en écrasant l’Arabie Saoudite 4-0, un match qui remet les pendules à l’heure et relance sérieusement les ambitions des champions d’Europe. En tant que passionné qui suit le foot nuit et jour, j’ai rarement vu une réaction aussi rapide et déterminée après une première prestation décevante.
Yamal retrouve son tranchant dès le coup d’envoi
Le match a pris une tournure décisive très tôt grâce à Lamine Yamal. De retour dans le onze de départ après une période d’indisponibilité liée à une blessure à l’adducteur, le jeune prodige de 18 ans n’a pas perdu son mordant. Dès la première minute, il a laissé ses défenseurs saoudiens sur place avec un dribble explosif et une passe dangereuse qui aurait pu offrir l’ouverture du score immédiatement. Puis, à la 10e minute, Yamal a converti une passe en but en poussant le ballon derrière la ligne — une libération pour toute l’équipe et pour un sélectionneur en manque de confiance.
Oyarzabal explose et scelle la supériorité
Mikel Oyarzabal a profité pleinement de l’ouverture de Yamal. L’ailier a inscrit un doublé éclair (21e, 24e) qui a mis fin à tout suspense avant la mi-temps. Sa saison en club le rendait déjà performant, mais sur ce match il a fait preuve d’un sang-froid et d’un sens du but qui ont écrasé toute tentative de retour adverse. Quand une équipe met deux buts en l’espace de trois minutes, elle fait passer un message clair : elle est revenue pour durer.
La domination continue en seconde période
Après la pause, l’Espagne n’a pas relâché la pression. Une action initiée par Marc Cucurella a abouti à un malheureux but contre son camp de Hassan Al-Tambakti (49e), ce qui a porté le score à 4-0 après l’intervention collective et la persistance offensive espagnole. Même après la sortie de Yamal à la mi-temps — geste prudent de Luis de la Fuente pour gérer la condition physique de son prodige — l’équipe a gardé la maîtrise du jeu et n’a pas concédé de véritables occasions dangereuses.
De la réaction individuelle à la performance collective
Ce qui frappe, ce n’est pas uniquement la qualité des individualités mais la façon dont elles s’articulent. Yamal, Oyarzabal et Dani Olmo ont formé un trio capable de percer n’importe quelle défense quand ils combinent vitesse, technique et prise de décision. Les rotations et la fluidité collective ont étouffé l’adversaire : l’Arabie Saoudite, bien que courageuse et déjà auteur d’un match nul face à l’Uruguay en ouverture, n’a jamais trouvé la clé pour contrer la mécanique espagnole.
Gestion intelligente des effectifs
Le sélectionneur Luis de la Fuente a su gérer le capital physique de son équipe. Conscient des doutes qui entouraient la condition de Yamal, il l’a replacé en titulaire pour rassurer tout le monde, puis l’a préservé en le sortant à la pause. Même logique pour Oyarzabal ou Nico Williams, qui ont bénéficié de minutes pour garder du rythme sans risquer de blessure. Cette approche prudente témoigne d’une ambition sur le long terme : assurer la qualification tout en préparant au mieux les phases à élimination directe.
Conséquences pour la suite du groupe H
Avec ce succès 4-0, l’Espagne se replace idéalement dans la course aux huitièmes. Le classement du groupe H devient plus favorable et la confiance collective remonte en flèche. La dernière rencontre de la poule, contre l’Uruguay, s’annonce désormais comme un véritable test : si la Roja confirme, elle arrivera en phase finale avec la certitude d’avoir retrouvé son niveau de jeu. Pour l’instant, la série d’invincibilité sous la houlette de de la Fuente — déjà très solide — prend de l’épaisseur.
Les enseignements tactiques
Pour les supporters de Manchester et du PSG, habitués à juger joueurs et tactiques au prisme des grosses affiches européennes, cette Espagne-là mérite le respect. Les Espagnols montrent qu’ils sont plus qu’un collectif de talents : ils sont une machine bien réglée capable de déployer un football attrayant et efficace. Et pour ceux qui suivent les championnats du monde, ce match rappelle que la forme d’une équipe peut changer d’un match à l’autre — la Roja l’a prouvé en l’espace de 90 minutes.
Enfin, sur le plan individuel, Yamal a envoyé un signal fort à tout le monde : la blessure est derrière lui, et il est prêt à être l’un des acteurs majeurs de ce tournoi si son corps tient. Oyarzabal, quant à lui, confirme qu’il peut être l’option clinique dans la zone offensive. La suite dira si l’Espagne saura transformer cette démonstration en une série victorieuse jusqu’au sacre.

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