Infantino parti pour un quatrième mandat ? Le monde du foot divisé
La perspective d’une réélection de Gianni Infantino à la tête de la FIFA prend de l’ampleur alors que plus de 200 fédérations nationales auraient signé des lettres de soutien en vue du congrès de mars 2027 à Rabat. Malgré les remous provoqués par l’affaire de l’annulation d’une suspension pour rouge concernant le joueur américain Folarin Balogun, la majorité des membres semble se ranger derrière le président sortant, ce qui laisse présager une campagne peu disputée et une réélection quasi assurée.
Un consensus mondial, mais pas en Europe
Les soutiens massifs proviennent principalement d’instances en Afrique, Asie et Amérique latine, où Infantino jouit d’une forte popularité pour ses politiques d’expansion et d’investissements autour du football mondial. En revanche, le Football-Bund allemand a clairement fait savoir qu’il n’avait pas signé de lettre de soutien pour l’actuel président, reflétant les réticences observées en Europe. Le DFB a indiqué que la question serait encore débattue au sein de son bureau exécutif, soulignant des divergences au sein des fédérations nationales européennes sur la manière de juger la gouvernance de la FIFA.
Le dossier Balogun et l’ombre d’une ingérence politique
Le scandale autour de l’appel présumé du président américain à la FIFA, suivi de la levée de la suspension infligée à Folarin Balogun, a suscité une onde de choc et relancé les interrogations sur l’indépendance des instances disciplinaires. Selon les comptes rendus, cette intervention aurait conduit la commission disciplinaire — en théorie indépendante — à revenir sur sa décision. Malgré la controverse, les fédérations semblent, pour la plupart, privilégier la continuité. Cela dit, des voix critiques se font entendre, notamment au sein d’ONG de défense des droits et de la transparence, qui dénoncent un flou éthique et demandent des comptes.
Calendrier et formalités : la route vers Rabat
Infantino a officiellement annoncé sa candidature pour un quatrième mandat lors du congrès de la FIFA à Vancouver en avril, et la procédure de dépôt des candidatures est ouverte jusqu’au 18 novembre. Le vote final interviendra lors du congrès du 18 mars 2027 à Rabat. Statutairement, si Infantino venait à être réélu, ce mandat pourrait être le dernier autorisé par les règles actuelles, l’élection l’installant potentiellement au pouvoir jusqu’en 2031.
Absence d’adversaire déclaré : stratégie ou désert politique ?
Pour l’heure, aucun adversaire formel ne s’est présenté face à Infantino, un fait qui souligne soit la force de son réseau, soit le désintérêt ou l’impuissance des oppositions potentielles. L’absence de challenger soulève des questions sur la santé démocratique des processus internes de la FIFA et sur la difficulté pour des candidats alternatifs de se faire entendre et de rassembler un soutien international suffisant. En parallèle, le soutien massif des fédérations du Sud global illustre la fracture géopolitique des opinions sur la gouvernance du football mondial.
Pression des organisations de défense des droits
À l’international, des organisations de défense des droits humains et de la transparence ont commencé à monter au créneau. Selon les éléments rapportés, une ONG britannique aurait déposé une plainte auprès du Comité International Olympique, accusant Infantino d’avoir enfreint les règles de neutralité politique — notamment en lien avec l’affaire où il aurait offert son appui politique à une personnalité étrangère. Ces démarches montrent que la réélection d’Infantino, si elle semble probable sur le plan des voix, pourrait s’accompagner d’un examen beaucoup plus serré de ses pratiques et d’une surveillance accrue.
Ce que cela signifie pour le football mondial
Une réélection d’Infantino garantirait la continuité des projets phares qu’il a portés : développement des compétitions mondiales, redistribution des revenus, et expansion des programmes d’investissement dans les régions historiquement moins favorisées. Pour ses partisans, cette continuité assure stabilité et ressources. Pour ses détracteurs, elle risque d’enfermer la gouvernance de la FIFA dans un statu quo où les mécanismes de contrôle et la séparation des pouvoirs restent insuffisamment renforcés.
Échéances à surveiller
Les prochaines étapes à observer sont claires : la clôture des candidatures le 18 novembre, les éventuelles remontées et prises de position publiques des grandes fédérations européennes, et la tenue du congrès à Rabat en mars 2027. Si la dynamique actuelle se maintient, Infantino pourra consolider son emprise, mais il devra aussi composer avec une contestation qui se structure différemment, par le biais d’ONG et d’organismes internationaux préoccupés par l’éthique et la transparence.

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