Franziska van Almsick fustige Leon Goretzka : « humainement déçu »
Trois semaines après l’élimination choc de l’Allemagne en huitièmes de finale de la Coupe du Monde, la polémique continue de rebondir et un nom revient régulièrement : Leon Goretzka. C’est la championne de natation Franziska van Almsick qui a pris la parole avec dureté, assurant dans le podcast Kerners11 qu’elle était « humainement très déçue » par l’attitude du milieu de terrain allemand lors de la séance de tirs au but face au Paraguay.
Ce qui a déclenché la colère
Van Almsick pointe du doigt un geste précis : Goretzka aurait clairement manifesté son refus de tirer le penalty qui aurait pu être le sixième tir pour la Mannschaft. Selon elle, il y a eu une réaction évidente de la part du joueur qui montrait qu’il ne souhaitait pas s’engager pour prendre la responsabilité du penalty. Ce retrait, explique-t-elle, a changé la dynamique de l’équipe et laissé un coéquipier — Jonathan Tah — se retrouver propulsé sur la ligne de tir, expérience qui s’est soldée par un échec, le premier penalty manqué de sa carrière.
« Il ne voulait pas être le méchant » : l’analyse sans détour
Pour van Almsick, le plus problématique n’est pas tant la peur du joueur que son calcul : « Il n’avait pas l’air apeuré. Mais il ne voulait simplement pas être celui sur qui tout retomberait si ça ne marchait pas. » Cette phrase sonne comme une accusation d’opportunisme ou d’absence de leadership dans un moment où la prise de responsabilité est cruciale. L’ancienne nageuse, qui a elle-même pratiqué le football à un niveau amateur, mesure l’impact symbolique d’un tel geste dans une équipe nationale : laisser échapper la responsabilité lors d’un instant clé en dit long, selon elle, sur l’état d’esprit du groupe.
Une répercussion sur l’image collective
Van Almsick va plus loin en estimant que cet épisode est « la cerise sur le gâteau » et qu’il révèle beaucoup de choses sur la sélection dans son ensemble. À ses yeux, quand un joueur cherche à se dédouaner publiquement d’une faute potentielle, cela affecte la crédibilité du collectif et la perception qu’ont les supporters et observateurs du groupe. Elle déplore que quelqu’un choisisse d’éluder sa part de responsabilité au moment le plus délicat.
Le cas Jonathan Tah : bouc émissaire malgré lui
Le choix de laisser Tah exécuter le sixième tir a placé le défenseur dans une position délicate. Manquer ce penalty a naturellement attiré les critiques sur lui, alors que la décision de ne pas tirer est d’abord celle de Goretzka. Van Almsick le souligne : « Le méchant était Tah. Super. » Elle regrette que le joueur propulsé sous les projecteurs assume la charge des conséquences d’un choix collectif où d’autres préférences ou réticences n’ont pas été assumées.
Réflexion sur le leadership et l’état d’esprit
La remarque de van Almsick s’accompagne d’une réflexion sur le leadership au sein de l’équipe. Dans un tournoi de cette ampleur, la capacité à se porter volontaire, à accepter le risque et à assumer l’échec est une marque de caractère attendue des cadres. Que Goretzka, l’un des joueurs les plus expérimentés du groupe, fasse défaut sur ce plan soulève des questions : qui prend les responsabilités dans les moments difficiles ? Les leaders montrent-ils l’exemple ?
Un jugement qui n’épargne pas l’entraîneur
Van Almsick ne limite pas ses critiques au seul joueur. Elle évoque aussi l’évolution du profil de l’ancien sélectionneur Julian Nagelsmann, qu’elle a connu à Hoffenheim et qu’elle perçoit désormais « changé », moins spontané, moins ouvert. Si elle reconnaît que l’évolution humaine est normale, elle sous-entend que ces transformations peuvent influencer l’atmosphère et la dynamique du vestiaire. Son propos mêle donc critique individuelle et interrogation sur la gouvernance du groupe.
Conséquences pour Goretzka et pour l’équipe
Pour Leon Goretzka, l’onde de choc médiatique et l’opinion publique pourraient peser lourd. Accusé d’avoir esquivé une responsabilité cruciale, il devra, s’il veut rétablir son image, se montrer volontaire et prendre sa part dans les moments à venir, que ce soit au niveau de son club ou — si l’occasion se présente — de la sélection nationale. Pour l’équipe, cet épisode met en lumière la nécessité de clarifier les rôles et de renforcer la cohésion : quand la pression monte, les routines et les désignations doivent être limpides pour éviter que la responsabilité ne sombre dans l’incertitude.

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